Archéologie aérienne J. Dassié. Photo-interprétation.
PHOTO-INTERPRETATION

       La mission de prospection aérienne vient de se terminer. Les cartes mémoires sont déchargées dans l'ordinateur... Les images, parcourues rapidement, sont toutes bonnes ou ne nécessiteront que des corrections mineures...

Que faut-il faire maintenant ?
Plusieurs opérations sont indispensables
:

  • Identification de la diapositive
  • Localisation de la surface du sol représentée. Identification administrative : département, commune.
                                                                                Identification géographique précise : coordonnées Lambert.
  • Identification des traces et indices divers.       Classification en origine naturelle ou archéologique.
    Si le indices paraissent archéologiques :          Identification topographique : cadastre, parcellaire.
  • Etablissement d'une fiche de déclaration de découverte archéologique auprès du Service Régional de l'Archéologie concerné
    (Un par région, voir adresse page "réglementation".

 Indices

 Les indices d'origine hydrique.

Humidité sur sol nu.  

  Après une longue période pluvieuse, deux ou trois jours très venteux ont asséché la surface des terres labourées ou apparaissent de
nombreuses zones plus foncées. Il s'agit de remontées capillaires d'humidité qui révèlent fort correctement aussi bien les diaclases
(fractures du banc crétacé) d'origine géologique naturelle que des fossés, traces rémanentes d'activité humaine, de creusements.

 

Baignes-Sainte-Radegonde (16) "Gadebors" Fossés circulaires révélés par l'humidité. © J. Dassié

 Maturation des céréales.

      Un champ de céréales, vers la fin Juin, va progressivement jaunir. Si des fossés rétenteurs d'humidité existent,
les céréales resteront vertes plus longtemps que l'environnement, alimentées par remontées capillaires.

 

Pons CM. "La Croix Marron". Maturation différentielle des céréales, à l'aplomb des fossés . © J. Dassié

Relief de croissance

      La croissance des céréales, plus importante à l'aplomb de fossés, en période de sécheresse, se traduira après la maturation
par une différence de hauteur des tiges. Ce phénomène provoquera souvent une ombre portée très révélatrice.

 

SAINT-MAURICE-de-TAVERNOLE CM "Le Colas".
La maturation différentielle est terminée et tout est jauni, desséché...
Les ombres portées soulignent le relief de la végétation céréalière.
© J. Dassié.

FONTAINES D'OZILLAC CM. C'est la présence du fossé creusé dans le banc calcaire qui a provoqué l'appartion des traces doubles d'herbe folles.
Il n'y a pas deux fossés parallèles ! L'augmentation de hauteur des graminées est causée par une plus grande capacité de rétention d'eau des particules
de granulométrie fine sur les flancs du fossé. Cependant que la partie centrale, recueillant les éboulis les plus gros, dus au remplissage naturel au cours
des siècles et des millénaires, contient beaucoup moins de réserves d'humidité.                                                                                                     
© J. Dassié

Leurres 

      Les leurres sont des traces visibles qui évoquent des indices archéologiques mais n'en sont pas réellement. Les plus répandus sont : les diaclases, les résidus de
mares hivernales et l'affleurement des strates du banc crétacé, dans les origines naturelles. Certains leurres peuvent être d'origine anthropique : les cercles
d'arrosage, les tranchées diverses (gazoduc, drainages, tranchées des guerres récentes) ou animales : cercles tracés par les animaux au piquet, cheminements
le long des clôtures etc

 

 

Les cercles d'arrosages, dont la régularité dénote une origine artificielle moderne. © J. Dassié

Leurre d'origine agricole moderne. S'agit-il d'un cultivateur facétieux ? D'un fabricant anglais de "crop-sites" ?  © J. Dassié